Night-time city culturePhilosophy, Sociology, Political TheoryEducation, sociology, and vocational training

Aurélien Gras

2026.6.9French Screen Studies

DOI: 10.1080/26438941.2026.2623731

Abstract

Depuis les années 2010, plusieurs films français thématisent l’adolescence avec une unité temporelle et nocturne. L’auteur propose d’appeler ces longs-métrages des « single-night teen movies » et il en analyse trois, Quand je ne dors pas (Tommy Weber 2015), Ma nuit (Antoinette Boulat 2021) et L’Âge atomique (Héléna Klotz 2012), qui sont chacun le premier sorti en salle pour leur réalisateur-rice. Moyennant une approche esthétique, le présent article interroge la part d’émancipation, dans ces œuvres, pour leur(s) personnage(s) (post-)adolescent-e-s. Dans un premier temps, c’est l’acception proprement politique qui est analysée. Alors que Quand je ne dors pas présente une dimension démocratique offerte par la nuit, L’Âge atomique est à ce sujet porté par un pli élitiste, tandis que Ma nuit finit par toucher à l’émancipation de sa jeune protagoniste, notamment par des voies écologiques. Le deuxième axe de l’article concerne une autre sorte d’émancipation, moins politique qu’ontologique : l’accès au réel, selon le concept de Clément Rosset. En effet, les personnages principaux du corpus filmique suivent tou-te-s une trajectoire qui, d’une façon ou d’une autre, marque une déprise vis-à-vis d’une vision idéaliste refusant de voir le réel sans double. Finalement, l’article montre que dans ce corpus, ces deux formes émancipatrices sont cohérentes.

Citation format

GRAS, Aurélien. L’émancipation dans les « single-night teen movies » du cinéma français des années 2010 et 2020. French Screen Studies, 2026: 1–21.