Grief, Bereavement, and Mental HealthDeath, Funerary Practices, and MourningAging, Elder Care, and Social Issues

Camille Collin

2026.3.31Raisons Politiques

DOI: 10.3917/rai.101.0081

Abstract

De plus en plus d’études démontrent l’impact des inégalités sur le traitement des morts. Selon cette logique, le statut des personnes ante-mortem détermine les conditions de leur prise en charge post-mortem . Moins nombreux sont les travaux qui interrogent comment le traitement des corps morts et des restes humains contribue aux inégalités. En effet, si le traitement des morts incombe aux personnes vivantes, il ne repose pas équitablement sur toutes les personnes et les catégories sociales. Dans cet article, je défends l’idée que pour mieux répondre au problème des inégalités dans la mort, il peut être utile de considérer que les morts constituent une charge pour les vivants. Mon argument est le suivant : en France, cette « charge » qu’entraîne le traitement des morts est non seulement inégale d’une personne à l’autre, mais surtout, inégalement répartie dans la société. Elle repose sur les efforts invisibles des proches des personnes défuntes, comme sur le travail souvent peu reconnu, et peu valorisé, des professionnels des secteurs de la santé et du funéraire notamment. En mobilisant les outils développés par les théorisations féministes de la reproduction sociale et du care , je montre la nécessité d’une répartition collective de la charge des morts, afin de pallier les effets de ce poids qui pèse inégalement sur l’ensemble de la société.

Citation format

COLLIN, Camille. La « charge des morts », un problème de justice sociale. Raisons Politiques, 2026, n° 101(1): 81–96.