Marion Pollaert
2026.4.22Revue de Philosophie Ancienne
Abstract
Cet article a pour objectif d’étudier la réception des auteurs anciens dans l’œuvre d’Henri Maldiney, notamment dans Aîtres de la langue et demeures de la pensée . Leur traitement différencié procède de la perspective phénoménologique propre à l’auteur, qui consiste à retrouver, sous l’état construit de la langue, un rapport entre langue et pensée qui articule le sens du monde pour la présence humaine autant que le sens même de cette présence par rapport au monde. Maldiney opère une véritable comparaison entre les Présocratiques, Platon et Aristote : il identifie des compréhensions plus ou moins poussées, et sous des modalités bien différentes, de ce niveau d’articulation originaire de la parole ou de la portée « onto-logique » de la langue. Cette forme d’évaluation des sources antiques se double d’une réappropriation de certains concepts, c’est ce qui conduit notamment à donner un sens proprement phénoménologique à la transcendance supra-sensible que conceptualise Platon. La perspective phénoménologique propre à Maldiney se répercute donc dans le rapport même aux auteurs, dans la mesure où ceux-ci parviendraient à poser la même question de l’« origine » qu’il articule lui-même.
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POLLAERT, Marion. « une histoire pensante de la pensée »: Henri maldiney et la philosophie ancienne. Revue de Philosophie Ancienne, 2026, Tome XLIII(2): 223–249.