Laurent Folliot
2026.2.13ETUDES ANGLAISES
Abstract
Si Sterne devint à Londres, au lendemain de la parution de Tristram Shandy , l’une des premières « célébrités » au sens moderne du terme, il le devait, paradoxalement, à un livre entièrement idiosyncrasique, qui tirait une grande part de sa fantaisie de l’obscurité dont il semblait issu. On fait ici l’hypothèse que l’écriture de Sterne met à profit, de diverses façons et dans le contexte de l’Angleterre éclairée de son temps, l’antique antithèse de la lumière et des ténèbres (ou de la pénombre). On s’intéressera ce faisant, en particulier, à trois modalités de l’obscurité littéraire dans le roman : obscurité du sujet écrivant (de sa personne et du lieu qui est le sien), obscurité de la matière littéraire (des objets, du réel dont il rend compte et des manières d’en rendre compte), enfin obscurité de la chair qui sépare les êtres, diffère l’accomplissement du sens et détermine le rapport au lecteur du texte sternien.
Citation format
FOLLIOT, Laurent. Tristram l’obscur. ETUDES ANGLAISES, 2026, Vol. 78(4): 387–405.