Multiculturalism, Politics, Migration, GenderHistorical and Political StudiesEducation, sociology, and vocational training
DOI: 10.3917/gap.261.0081

Abstract

Cet article analyse les effets de l’alternance de 2017 sur la politique de laïcité scolaire en France, en interrogeant les mécanismes liant recomposition du champ politique et reconfiguration de l’action publique. À partir d’une enquête ethnographique dans l’Éducation nationale (administration centrale et académies) et d’une comparaison des mandats de Najat Vallaud-Belkacem et de Jean-Michel Blanquer, il montre que la quête de légitimité de nouveaux·elles gouvernant·es travaille directement la mise en œuvre administrative. L’alternance déplace les priorités d’action (de la « pédagogie de la laïcité » à une logique coercitive de détection des « atteintes »), elle transforme les instruments, les rythmes et les rapports de force entre groupes en concurrence dans l’institution. L’article souligne le rôle central des recompositions d’acteurs : un tel tournant est rendu possible par une restructuration du pilotage central et par la mobilisation d’expert·es – au sein du Conseil des sages de la laïcité – qui contribuent à contourner certaines inerties bureaucratiques et à politiser l’administration par des voies détournées. L’approche multiscalaire révèle que ce changement infuse jusqu’à l’échelon local, où se diffuse un nouveau cadrage davantage sécuritaire. Ainsi, l’analyse montre comment, dans des secteurs politiquement saillants, le politique parvient à réformer, sur le temps court, les pratiques administratives.

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LABORDE, V. De la vitrine politique à l’arrière-boutique administrative. Gouvernement et Action Publique, 2026, Vol. 15(1): 81–110.