C. Bonnot

2004Slovo

DOI: 10.3406/slovo.2004.1328

Abstract

Le placement du terme porteur de l’accent de phrase en position non finale (initiale ou médiane) produit des effets de sens extrêmement divers, généralement recouverts du terme vague d’«expressivité». On propose ici de les analyser comme le résultat d’un mécanisme énonciatif unique interférant avec les données variables du contexte et portant sur le statut de l’assertion. L’accent non final soude les constituants de l’énoncé en un bloc insécable où toute pause est impossible. La relation prédicative est ainsi présentée comme déjà constituée avant son actualisation et venant identifier un état de choses dont l’existence est elle aussi donnée comme déjà acquise. Deux conséquences en découlent : 1) la dissociation opérée entre existence et identification de l’état de choses permet de focaliser la relation prédicative, implicitement opposée à l’ensemble virtuel des autres relations qui auraient pu identifier cet état de choses ; 2) dans le cas où tous les éléments de l’énoncé sont contextuellement nouveaux, présenter la relation prédicative comme déjà constituée avant son actualisation revient souvent à la présenter comme une occurrence particulière d’une situation standard générique dont les propriétés sont déjà répertoriées. La focalisation porte alors moins sur l’événement lui-même que sur ses implications.

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BONNOT, C. Relation préconstruite et focalisation: Pour une analyse unitaire des énoncés à accent non final en russe moderne. Slovo, 2004.