DOI: 10.3138/ijcs-2025-0014

Abstract

Abstract:Through the conceit of reincarnation, Ying Chen reprises the narrative representation of animals in Ahimsa (2023), giving voice to a rat, fly and snake. She reveals their mutual connection with “le Maître” in their past life, an enlightened being who is revealed to be Mahatma Gandhi and who lived and preached according to “ahimsa”, the principle of pacificism, compassion and respect for all living things. The individual stories of the creatures’ respective relationships with “le Maître” are interspersed with his teachings of non-violence and cooperation alongside an ecocritical discourse on urban expansion, environmental damage, climate change and the disappearance of species. From the movement between past and present, human and animal, fact and fiction, the importance of margins emerges. The translingual author chooses maligned creatures that are rarely attributed literary agency to be at the heart of her narrative and to represent marginalized people – those who are infirm, or failures and misfits, or from an inferior caste.The first section of the article interrogates this employment of individual animal narrators and examines how the forms, existences and lifeworlds of these creatures are presented, as well as their relationship to humanity. It takes into account recent theories about unnatural narration and current ecocriticism in China, particularly the branch of “spiritual ecology” and the practice of “environing at the margins”. The second section examines Chen’s ecocritical discourse expressed by collective voices and the politics and aesthetics of what/who is included and excluded. After exploring the environmental issues depicted, it investigates how nonhuman subjects are taken into ethical consideration. By coupling unnatural narratology with ecocriticism, this article not only analyses a very recent work of animal narrative fiction in francophone Canadian literature from a perspective on the margins, but also reappraises what we know, or assume, in the West about human-animal relations.Résumé:À travers le prisme de la réincarnation, Ying Chen renoue avec la représentation narrative animalière dans Ahimsa (2023), où elle donne vie à un rat, une mouche et un serpent. Dans leur vie antérieure, ces créatures ont toutes eu une connexion avec « le Maître », un être spirituel dont on apprendra l’identité – Mahatma Gandhi –, et qui a respecté et enseigné les principes de l’« ahimsa », soit le pacifisme, la compassion et le respect pour tous les êtres vivants. Les récits que font les animaux de leurs relations avec le Maître sont émaillés de ses enseignements sur la non-violence et la coopération, et de passages écocritiques sur l’expansion urbaine, les dommages environnementaux, les changements climatiques et la disparition des espèces. Les interrelations entre passé et présent, humain et animal, faits et fiction font ressortir l’importance des marges. L’autrice translingue met en lumière des créatures mal-aimées à qui on donne rarement une voix en littérature, et qui représentent ici les personnes marginalisées – celles qui sont handicapées ou inadaptées, qui ont raté leur vie ou qui proviennent d’une caste inférieure.La première section du présent article porte sur le recours aux différents narrateurs animaliers, et examine la manière dont leur forme, leur existence et leur univers sont présentés, ainsi que leur relation avec l’humanité. Elle tient compte de théories récentes sur la narration non naturelle et du courant actuel d’écocritique en Chine, particulièrement en ce qui concerne l’« écologie spirituelle » et l’« appropriation des marges ». La deuxième section s’intéresse au discours écocritique de Chen, qui s’exprime par les voix collectives et par les décisions politiques et esthétiques ayant déterminé qui et quoi étaient inclus ou non. Après une analyse des enjeux environnementaux abordés, il sera question de la prise en considération éthique des sujets non humains. En associant narratologie non naturelle et écocritique, cet article analyse non seulement une œuvre de fiction littéraire francophone canadienne très récente présentant une narration animalière en adoptant la perspective des marges, mais il fait également le point sur ce que nous savons, ou présumons, en Occident des relations humains-animaux.

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SILVESTER, R. Marginal voices: Ying chen’s ecocritical discourse in ahimsa. International Journal of Canadian Studies, 2025, 63: 45–64.