André Charrak

2005.12.1ETUDES PHILOSOPHIQUES

DOI: 10.3917/leph.054.0469

Abstract

L'ambition commune de renouveler la connaissance de la nature, par des moyens certes differents, rapproche Bacon et Descartes aux yeux de leurs contemporains ou de leurs successeurs immediats, d'autant que ce projet leur impose egalement1 de recuser l'heritage de l'Ecole, souvent confondu avec celui d'Aristote ainsi Elisabeth rapporte-t-elle a Descartes le temoignage du medecin Weis : ?II m'a dit que Bacon lui a premierement rendu suspecte la philosophic dAristote, et que votre methode la lui a fait entierement rejeter. ?2 Et il est de fait que le Novum organum et les Regulae ad directionem ingenii soulignent la sterilite de la logique de l'Ecole pour la philo sophic naturelle : le dispositif syllogistique supporte alors les principales cri tiques, tant il parait peu compatible avec les conditions de l'invention. Mais la proximite de ces enjeux en realite assez divers impose de circonstancier notablement l'examen de cette question precise chez Bacon et Descartes. D'une part, il est essentiel de replacer les declarations portant precisement sur le syllogisme sous l'horizon plus vaste d'une discussion sur la dialec tique, dont la theorie du raisonnement ne constitue qu'une partie. Ce cadre doit etre pris en consideration des le moment qu'on cherche a donner leur veritable portee aux arguments apparemment simplistes des auteurs clas siques sur la sterilite du syllogisme. D'autre part, on ne peut s'epargner de deconstruire l'unite Active que ces critiques conferent a la logique heritee du Stagirite en meme temps qu'elles la recusent: loin de constituer un corpus

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CHARRAK, André. La critique du syllogisme dans bacon et descartes. ETUDES PHILOSOPHIQUES, 2005, 75: 469–484.