Huns et Xiongnu

É. D. L. Vaissière

2005CENTRAL ASIATIC JOURNAL

Abstract

Il y a presque un quart de millenaire, de Guignes proposa d'identifier Huns et Xiongnu fe) tlX dans son Histoire generale des Huns, des Turcs, des Mongols et des autres Tartares Occidentaux (1756-8). Une historiographie considerable bâtie sur cette hypothese s'est ensuite developpee, avant qu'O. Maenchen-Helfen, dans une serie d'articles parus il y a cinquante ans, ne la prenne totalement a rebours et affirme avec force l'absence de liens entre Xiongnu et Huns, mettant provisoirement fin au debat. Les articles de Maenchen-Helfen se trouvent a la base de presque toute l'historiographie actuelle. Servi par sa connaissance sans egale de l'archeologie sovietique, Maenchen-Helfen a su faire de l'histoire des Huns d'Europe un domaine autonome. Tous ses articles ont tendu a ce but : degager la question hunnique de la sempiternelle question des origines asiatiques pour analyser l'histoire des Huns pour elle-meme. Peutetre etait-ce necessaire : un champ scientifique se construit souvent en ruinant le champ precedent, et il est certain qu'a tous egards la problematique mise en avant par Maenchen-Helfen etait un progres. Mais pour ce faire, il est sans doute alle un peu trop loin. Il semble possible aujourd'hui, avec de nouvelles sources centre-asiatiques, non seulement de con-forter l'intuition politique de de Guignes les Huns se sont bien pro-clames les heritiers du vieil empire Xiongnu, mais aussi, de montrer que les Huns sont bien en partie des Xiongnu. Dans son premier article de 1945, Maenchen-Helfen avait repris l'analyse de Shiratori, peu connue des specialistes de la question hunnique, et demontre que le principal texte chinois sur lequel s'appuyait l'historiographie pour demontrer l'identite des Xiongnu et des Huns ( Wei shu

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VAISSIÈRE, É. D. L. Huns et xiongnu. CENTRAL ASIATIC JOURNAL, 2005, 49: 3–26.