A. Bensa, E. Fassin

2002.3.1Terrain

DOI: 10.4000/terrain.1888

Abstract

Les sciences sociales ne font face a l’evenement qu’avec hesitation : elles preferent les structures, et reduisent l’evenement a ses contextes sociaux et a ses constructions mediatiques. En reaction, l’histoire du temps present tente d’isoler le present pour exacerber la presence de l’evenement. Ce numero veut montrer comment nos disciplines peuvent, avec Deleuze, considerer l’evenement comme ligne de partage, ou rupture d’intelligibilite. Sans renoncer a l’etude des contextes et des constructions, elles renouent avec l’experience des acteurs sociaux, faisant place au role des individus et a la realite de l’action. Toutefois, leur approche differe de la maniere dont les acteurs creent des recits pour rendre compte de cette fracture du sens : sociologues, anthropologues et historiens confrontent les recits, sans confondre l’evenement avec une origine. La signification de l’evenement gagne ainsi a etre apprehendee par la construction de series pertinentes, comme le montre l’exemple du 11 septembre 2001.

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BENSA, A.; FASSIN, E. Les sciences sociales face à l’événement. Terrain, 2002: 5–20.