P. Bergeron
2018.8.1UNIVERSITY OF TORONTO QUARTERLY
tlooto Summary
Quebecois literature has seen a surge of 150 new publications in 2016, with Montreal being the dominant hub for literary publishing.
Abstract
Si la grande spécialiste de poétique romanesque Isabelle Daunais s’étonnait de le voir « sans aventure », c’est-à-dire « ne constitu[ant] un repère pour personne sauf ses lecteurs natifs1 », le roman québécois (et l’on pourrait sans tricher lui adjoindre le roman francophone du reste du pays) n’a certainement pas manqué « d’aventuriers » en 2016. Sur la base des titres que nous avons reçus pour cette chronique, on constate qu’il s’en est publié plus de 150. Montréal demeure la Mecque éditoriale avec 77,3% des parutions. La région de Québec, qui vient de perdre Nota bene (2013) et L’instant même (2017), toutes deux réinstallées dans la métropole, suit loin derrière avec 8,4% des publications. À l’échelle du pays, 87,6% des romans proviennent de la Belle Province, suivis (ici aussi de très loin) par l’Ontario avec 9%. Mais l’expression « Small is beautiful », attribuée à l’économiste Leopold Kohn, s’applique pour saluer le dynamisme de maisons sises à Regina, Saguenay, Tracadie et Moncton. Entre les nouveaux venus aux débuts glorieux et les grands noms renouvelant (ou non) leur inspiration, l’année a été féconde en histoires de famille compliquées, en traversées de territoires et en tentatives de réinvention de soi. Le roman a manifesté de nombreuses affinités avec les formes brèves et de grands écrivains (Tchékhov, Hemingway, Camus) se sont mués en personnages. Un accès sans précédent à la franco-américanité de Jack Kerouac a été dévoilé au grand jour alors que, sur une note plus triste, l’éditeur Gaëtan Lévesque (décédé en mars 2017), s’est dévoué à
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BERGERON, P. Roman. UNIVERSITY OF TORONTO QUARTERLY, 2018, 87: 1–42.